| REPORTAGE | COVID-19, histoire d'une pandémie

Textes et photos : Joël Fischer

 

COVID-19. Ce nom inspire d’avantage au nom d’un produit ménager agressif qu’à un virus mortel se propageant à la vitesse de la lumière dans le monde entier, et pourtant...

 

Lorsque j’ai commencé ce reportage le 16 mars 2020, l’assaut avait été donné aux centres commerciaux par une population inquiète, les messages politiques n’ayant pas encore été clairs et l’approvisionnement était dépassé par cet afflux soudains de demandes particulières pour certains produits inattendus.

 

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Le 16 mars 2020, il est difficile de trouver du papier de toilette dans les centres commerciaux. La situation se régularisera quelques semaines plus tard.

 

 

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Le 18 mars 2020, le centre commercial de Signy vient de fermer ses portes et seuls les commerces de première nécessité restent ouverts.

 

Mais pouvions nous en vouloir à nos concitoyens alors que la grande majorité d’entre-nous n’avaient jamais vécu une telle situation ? Bien sûr que non. La première photo de ce reportage illustre bien le mal qu’ont eu les grandes surfaces à s’approvisionner en papier toilette, pâtes, riz et autres.

 

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La douane de Crassier vient d'être fermée et la vie continue de part et d'autre de la frontière. Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron, Président de la République Française annoncera un confinement total en France alors que le Conseil Fédéral Suisse ordonnera un semi-confinement, expliquant faire confiance aux Suisses.

 

 

Mobilisation

La protection civile a été mobilisée, les douanes ont été fermées hermétiquement, filtrées par les gardes-frontière et l’armée, nous rappelant de tristes heures, il n’y a pas si longtemps que ça. Les badauds se sont mis à observer, stupéfaits, les rubalises rouges et blanches accrochées aux vaubans infranchissables, les panneaux de communications officiels accrochés aux murs des mairies, affichant un mot unique : mobilisation.

 

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Sur le panneau des communications officielles de Chéserex, les ordres de mobilisation pour la protection civile vaudoise sont affichés, prenant la majorité de place sur ce large panneau aimanté apposé contre l'auberge de la Couronne "chez Nono", qui affiche porte close, comme tous les autres café-restaurants Suisses.
 
 
 
 
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Les rues des villes de Suisse sont désertes, à l'image de l'avenue Reverdil, à Nyon.

 

 

La population ne pouvant plus se déplacer selon les recommandations de semi- confinement du Conseil Fédéral, la mise en route du télétravail a été obligatoire, fastidieuse pour beaucoup, mais salutaire pour combattre la maladie et pour l’environnement. Car il faut bien l’avouer, cette triste bactérie a eu un effet surprenant et souvent positif sur la planète et sur les êtres humains. En effet, la terre se retrouve reposée de toute cette pollution amassée au cours des dernières années. Les autoroutes sont presque vides et le calme revient dans les villages, désertés par le flux incessant des voitures pendulaires, laissant aux cris des enfants ne tenant plus de rester à la maison, la place pour s’exprimer sur leurs vélos et autres trottinettes en toute sécurité, entre deux devoirs à domiciles, envoyés par des enseignants jonglant avec les services de messagerie pour transmettre aux parents les devoirs nécessaires à la continuité d’études de nos chères têtes blondes.

 

 

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Les devoirs à la maison. Parfois ludiques, parfois ennuyeux...les parents ont tous pu se rendre compte de la difficulté d'enseigner diverses matières à leurs enfants.
 
 
 
 
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L'autoroute A1 est presque vide à proximité de Trélex, le 5 avril 2020 à 18h.
 
 
 
 
 
 
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Les rues des villes de Suisse sont désertes, à l'image de la rue de la Gare, à Nyon.

 
 
 
 
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Les Suisses repectent les mesures prises par le Conseil Fédéral. La preuve avec cette photo prise le 14 avril 2020 au parking de la place Perdtemps à Nyon.

 

 

Solidarité

Une vague de solidarité aussi s’est mise en route, surprenante, belle et rassurante. Les volontaires ont afflué spontanément auprès des diverses communes et organisations, des groupes se sont formés sur les réseaux sociaux afin d’aider les gens dans le besoin, notamment les malades chroniques et les plus anciens, devant rester cloîtrés chez eux, à leurs grands regrets, eux pour qui le contact humain et une promenade quotidienne sont souvent nécessaires à rythmer leur vie.

Les aides et les gestes symboliques de toutes parts ont émergés, comme ces applaudissements, tous les soirs à 21h, la population sortant sur les balcons pour faire du bruit, en soutien aux gens travaillant pour lutter contre cette maladie. Les pompiers, policiers, ambulanciers se soutenant mutuellement encore plus que d’habitude, par des cortèges de feux- bleus symboliques à leurs professions et reconnaissables par tous. Les éboueurs, caissières, agriculteurs, et toutes les professions continuant à travailler normalement en prenant des risques énormes ont été quotidiennement remerciés par l’entier de la population reconnaissante, à l’image de cet agriculteur de Duillier, symbolisant habilement une personne du corps médical à l’aide de bottes de foin.

 

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A côté du traditionnel montage de bottes de foin spécial Pâques, un agriculteur de Duillier a contruit un homme de paille en soutien aux personnel médical.
 
 
 
 
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Les pompiers du SDIS Dôle se sont organisés pour honorer le personnel de l'hopital de Nyon, le 14 avril 2020 à 21h, alors que tout le monde applaudissait aux fenêtres. Bel hommage de la part de ces hommes du feu qui eux aussi, se retrouvent fortement solicités durant cette période.

 

 

Transports en communs

Les transports ont soufferts et souffriront longtemps de la pénurie de passagers. Des lignes d’avions aux réacteurs cellophanés, cloués au sol, rendant son calme au ciel européen, des trains vidés de leurs passagers et des bus dans lesquels parler au conducteur est devenu difficile en raison des protections mise en place pour éviter de l’approcher.

Les vacances seront alors sédentaires, ou presque, cette année, car voyager ne sera plus possible comme auparavant, pour quelques mois au moins, et l’économie du pays aura besoin de ses habitants pour l’aider à repartir, tel un pansement virtuel.

 

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Les gares CFF restent vides, elles qui sont extrêmement fréquentées d'habitude.
 
 
 
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Les géants de la compagnie "Swiss" sont alignés, immobiles, à proximité du nouveau terminal de l'aéroport International de Genève.

 

 

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Cet avion de la compagnie Swiss a les réacteurs emballés d'un cellophane bleu afin de les protéger des oiseaux qui viendraient y faire leur nid.

 

 

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A l'aéroport International de Genève, ces avions flambants neufs de la compagnie "Swiss" sont stationnés, immobiles. Chose étrange pour ces oiseaux de fer construits pour rester le moins possible sur ce bitume gris.

 

 

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A l'aéroport international de Genève, un seul avion de Swiss n'a pas les réacteurs bâchés. Peut-être un rescapé de cet exceptionnel mise à terre de la majorité des avions de la compagnie ?

 

 

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20 avril 2020, l'aéroport international de Genève est vide, ou presque alors qu'une passagère attends l'ouverture d'un guichet pour prendre un des 4 vols de la journée.

 

 

 

La lumière au bout du tunnel

Puis à la mi avril, le Conseil Fédéral annonça que dès la fin du mois, des commerces allaient pouvoir ouvrir sous certaines conditions. Des files d’attente se sont alors formées aux abords des divers magasins de jardinage, sorte d’euphorie étrange pour ces gens semblant fêter leur libération après six semaines de confinement.

Mais une chose est sûre, nous ressortirons plus forts de cette épreuve, rassurés par la performance incroyable de nos dirigeants pour gérer cette crise sans précédent et par la solidarité d’une bonne partie de la population, s’aidant mutuellement à passer cette crise, si dure, si longue et si angoissante par moments.

La lumière est désormais visible au bout du tunnel, à l’image des récentes et émouvantes retrouvailles entre aînés et jeunes enfants pouvant enfin se serrer dans les bras après plusieurs semaines de conversations- vidéos.

 

 

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Le 27 avril 2020, certains gardens-center sont pris d'assaut par de nombreuses personnes, comme ici à Nyon.
 
 
 
 
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A Crassier, dans le prolongement de la route de Nyon, cette piste cyclable qui chevauche la frontière est barrée quelques mètres avant la frontière officielle. A proximité de là, deux dames parlent de part et d'autre de la barrière sur laquelle on peut lire des interdictions émanants de la municipalité de Divonne-les-Bains et de la douane Suisse.

 

 

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L'entrée de l'hôpital de Nyon a été adapté à la situation. Les personnes se présentant avec des symptômes du COVID-19 se rendent à un endroit différent des urgences habituelles.

 

 

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A Gingins, une famille a peint un panneau arc-en-ciel sur lequel il est inscrit "tout ira bien" en français, allemand, italien et anglais.

 

 

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Les rues des villes de Suisse sont désertes, à l'image de la place Bel-Air de Nyon.

 

 

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Le parc de la grande jetée, à Nyon. D'habitude prisé des familles, il reste désespérément vide.

 

 

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Les rues des villes de Suisse sont désertes, à l'image du Quai Louis- Bonnard, à Nyon.

 

 

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A l'aéroport international de Genève, un siège sur deux a été condamné afin de respecter la distance suffisante selon les règles de l'OFSP.

 

 

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L'aéroport International de Genève est vide. Aucun guichet n'est ouvert et l'ensemble des commerces est fermé, à l'image de ce distributeur de café sous cellophane.

 

 

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Les CFF ont adapté leurs horaires et peu de trains circulent encore, souvent vides, à l'image de la gare de Nyon, vide de tout passager.

 

 

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Les CFF, tout comme les autres compagnies de transport, on dû s'adapter à la situation. La salle d'attente de Nyon a été modifiée afin de laisser trois sièges vides entre chaque client.

 

 

 

 

 

© Joël Fischer - avril 2020

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